Génocide arménien

Génocide arménien
De 1915 à 1917, au cours de la Première Guerre mondiale, le gouvernement Jeunes Turcs de l'Empire ottoman a fait déporter et tuer une grande partie de la population arménienne. Ces massacres, désignés comme le génocide arménien, sont unanimement admis, et de nombreux pays et instances gouvernementales ou religieuses dans le monde les ont officiellement reconnus comme génocide. La Turquie, qui ne nie pas les tueries, en conteste l'ampleur et rejette la qualification de « génocide ». Ce négationnisme de l'État turc est dénoncé par les survivants du génocide arménien et par la communauté des historiens.

La question de la reconnaissance de ce génocide a été ravivée à l'occasion de la décision d'ouverture de négociations entre l'Union européenne (UE) et la Turquie, en vue d'une adhésion éventuelle de celle-ci. L'UE a reconnu le génocide arménien (cf. JO C 190 du 20 juillet 1987). Cette question est fréquemment abordée lors des débats concernant la conformité de la politique de l'État turc avec les valeurs morales de l'UE et en particulier, son attachement au respect des droits de l'homme.

# Enviado el miércoles 02 de agosto de 2006 06:55

genocide armenien.......... Bilan des massacres

genocide armenien.......... Bilan des massacres
Les faits sont connus dès mai 1915 par les rapports de diplomates neutres et de témoins appartenant aux nombreuses missions, écoles et hôpitaux présents dans l'Empire ottoman. La presse de l'époque, en particulier aux États-Unis et au Canada, se fait l'écho de l'indignation soulevée par ces révélations. Après la guerre, le régime jeune-turc ayant disparu depuis octobre 1918, des procès montrent la réalité des massacres et révèlent l'existence d'une organisation criminelle, l'Organisation spéciale, qui a orchestré les destructions de la population arménienne.

Lorsqu'à la fin de 1916, les observateurs font le bilan de l'anéantissement des Arméniens de Turquie, ils peuvent constater qu'à l'exception de 300 000 Arméniens sauvés par l'avancée russe et de quelque 200 000 habitants de Constantinople et de Smyrne qu'il était difficile de supprimer devant des témoins, il ne persiste plus que des îlots de survie : des femmes et des jeunes filles enlevées, disparues dans le secret des maisons turques ou rééduquées dans les écoles islamiques comme celle que dirige l'apôtre du turquisme Halide Edip ; des enfants regroupés dans des orphelinats pilotes ; quelques miraculés cachés par des voisins ou amis musulmans ; ou, dans des villes du centre, quelques familles épargnées grâce à la fermeté d'un vali ou d'un Kaïmakan. Au total, de 1 200 000 à 1 500 000 victimes.....

# Enviado el miércoles 02 de agosto de 2006 06:58

La reconnaissance du génocide

La reconnaissance du génocide
Les enjeux
Au-delà des implications morales et psychologiques, aussi bien pour les États que pour les descendants des populations impliquées, la reconnaissance officielle d'un génocide en 1915-1916 ouvrirait la voie à des dommages et intérêts que la Turquie ne veut pas concéder :

indemnisation pour le préjudice humain, moral et matériel (une centaine de milliards de dollars) ;
restitution des territoires attribués par le traité de Sèvres (dont une partie appartient aujourd'hui à la Turquie, à l'Azerbaïdjan et à la Géorgie).

La position turque

Position officielle
Aujourd'hui, la République turque refuse de reconnaître l'existence d'un « sözde ermeni soykırımı » (« prétendu génocide arménien »). L'argumentation en défaveur de la reconnaissance de la qualification de génocide repose essentiellement sur trois axes :

une contestation de l'ampleur du nombre de victimes (évalué entre 300 000 et 500 000 alors que les estimations arméniennes sont de 1 500 000 morts) ;
la remise en cause de l'existence d'une préméditation ;
l'indignation face à l'occultation des représailles des milices arméniennes sur les populations civiles turques.
Le gouvernement turc condamne vivement toute reconnaissance du génocide par des gouvernements ou parlements étrangers. L'article 312 du code pénal sur l'incitation à la haine religieuse ou raciale rend passible de cinq années de prison toute personne évoquant publiquement le génocide[4]. En outre, le nouveau code pénal, censé rapprocher la Turquie des standards européens en termes de droits de l'homme a été dénoncé par plusieurs organisations internationales dont Reporters sans frontières[5] et Amnesty International[6], notamment à cause de son article 305 qui punirait de 3 ans à 10 ans de prison et d'une amende tous « actes contraires à l'intérêt fondamental de la nation ». La peine pouvant être étendue à 15 ans de prison si cette opinion est exprimée dans la presse. Des notes explicatives du projet indiquaient que cela pourrait entre autres, s'appliquer aux revendications concernant le génocide arménien. Le parlement britannique a pour sa part considéré qu'aucune mention du « génocide arménien » n'était faite dans cet article du code pénal[7]. Mais des procès récents faits à des personnes s'exprimant au sujet du génocide des arméniens (notamment Orhan Pamuk, cf. infra), montrent que le code pénal turc (article 301) permet de poursuivre des défenseurs des droits humains, des journalistes et d'autres membres de la société civile exprimant pacifiquement une opinion dissidente[8].

Jusqu'à un passé récent, les faits n'étaient pas évoqués dans les manuels d'Histoire scolaires. Cependant, depuis 2003, une circulaire du ministère de l'Éducation invite les enseignants à « dénoncer les prétentions des Arméniens ». Le Ministère de la culture défend sur son site internet la version officielle de l'Histoire[9] et selon un rapport du parlement français, subventionne de nombreux sites internet défendant cette thèse.

En avril 2005, le premier ministre turc Recep Tayyip Erdoğan a proposé au président arménien Robert Kotcharian de mettre en place une commission d'historiens. Malgré cette proposition, Cemil Çiçek, porte-parole du gouvernement turc et ministre de la Justice a parlé de « trahison » et de « coups de couteau dans le dos de la nation turque », à propos d' historiens universitaires turcs (non acquis à la thèse officielle turque) qui voulaient participer à un colloque traitant des « Arméniens ottomans au moment du déclin de l'Empire » organisé en mai 2005 qui aurait du avoir lieu dans des universités turques[10]. Le ministre arménien des Affaires étrangères Vardan Oskanian avait répondu en voyant dans la proposition de création de commission de la Turquie une volonté de « réécrire son histoire de manière éhontée et de vouloir la propager dans les autres pays »[11]. Il faut par ailleurs noter qu'à l'époque, il s'agit encore de l'Empire ottoman et non de la République turque, mais que celle-ci empêche toujours les historiens de faire leur travail, car elle n'a toujours pas ouvert les archives ottomanes de cette époque. Même si le gouvernement turc affirme dans le même temps avoir ouvert toutes ses archives, cette affirmation n'a jamais pu être accréditée par des historiens indépendants[12].


Opinion publique turque
Une information libre et objective sur le sujet est impossible en Turquie. Ainsi, lorsque l'écrivain Orhan Pamuk a déclaré en 2005 au Temps qu'« un million d'Arméniens et 30 000 Kurdes ont été tués en Turquie », un sous-préfet de Sütçüler (région d'Isparta, au sud-ouest) a ordonné la destruction de tous ses livres[13]. Le 16 décembre 2005, le procès d'O. Pamuk s'ouvre à Istanbul pour ces propos considérés comme une « insulte à l'identité nationale turque » et passibles à ce titre de six mois à trois ans de prison[14]. L'opinion publique n'a généralement accès qu'à la version officielle concernant ces massacres du début du siècle et rejette massivement la qualification de génocide. De nombreux intellectuels et la plupart des historiens turcs soutiennent cette thèse.

Néanmoins, certains intellectuels, personnalités, militants des droits de l'homme ou professeurs turcs s'inscrivent en faux contre la version historique établie par Ankara.
Parmi les universitaires, citons :

Taner Akçam qui considère que les coupables du génocide font partie des fondateurs de la République de Turquie née sept ans plus tard et que le gouvernement turc ne peut donc pas « accepter que parmi “les grands héros qui ont sauvé la patrie” certains ont été des assassins »[15] ;
Halil Berktay (Professeur à l'Université d'İstanbul) qui n'hésite pas à qualifier de « berceuses » les thèses d'Ankara, ajoutant qu' « il y a des tonnes de documents prouvant la triste réalité. » ;
Ahmet İnsel (Universités de Paris I et Galatasaray) qui dénonce notamment, selon ses propres mots, le « délire négationniste » qui règne en Turquie, et qui se traduit selon lui par la négation de la souffrance arménienne, le refus de reconnaître les intentions génocidaires d'une partie des Unionistes au pouvoir, et enfin par les accusations contre les Arméniens ;
Fikret Adanır (voir sa contribution au colloque organisé par le CDCA, « L'actualité du génocide des Arméniens ») ;
Altan Gökalp, Engin Akarlı ou encore Fatma Müge Göçek.

Les défenseurs des droits de l'Homme sont nombreux, mais mentionnons particulièrement Ali Ertem (et toute son association SKD contre le crime de génocide, « Soykırim Karşıtları Derneği »), Bülent Peker (Fondation turque des Droits de l'Homme) ou Zarakolu (surnommée « Mère Courage » par les Arméniens). Des livres et des expositions sur la communauté arménienne voient le jour et recontrent un certain succès, ce qui semble indiquer une évolution des mentalités.

Néanmoins, selon les sondages, 80% des Turcs pensent que leur pays devrait rompre les négociations d'adhésion avec l'Union européenne si celle ci exigeait la reconnaissance du génocide.

Les 24 et 25 septembre 2005 s'est tenue pour la première fois en Turquie, dans un climat de fortes tensions[16], une conférence intitulée Les Arméniens ottomans au temps du déclin de l'empire. Annulée la veille sur ordre du tribunal administratif d'Istanbul, ce qui avait été commenté par la Commission européenne comme une provocation, cette conférence qui était soutenue par le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a pu finalement avoir lieu à l'Université Bilgi d'Istanbul. Le seul homme politique à y avoir participé est le membre du CHP (gauche) Erdal İnönü, fils d'İsmet İnönü, le plus proche compagnon de Mustafa Kemal.


La communauté internationale
La première reconnaissance est intervenue le 29 avril 1982 par la chambre des représentants de Chypre[17].

Le 16 avril 1984, il est reconnu par le Tribunal permanent des peuples. La sous-commission des droits de l'Homme de l'ONU (29 août 1985), le Parlement européen (18 juin 1987) et le Conseil de l'Europe (déclaration écrite de l'assemblée parlementaire le 24 avril 1998) ont reconnu le génocide.

Le génocide des Arméniens a été en outre reconnu par les pays suivants :

1984 :
La Chambre des représentants des États-Unis le 12 septembre
1995 :
La douma russe le 14 avril
1996 :
Le parlement grec reconnait le génocide le 25 avril
1998 :
Le sénat belge a reconnu la réalité du génocide arménien par une résolution le 26 mars.
2000 :
Le parlement de Suède reconnait le génocide le 29 mars 2000[18]
Le parlement libanais a reconnu le génocide à la quasi unanimité le 11 mai;
La Vatican une première fois le 10 novembre mais sans spécifier l'auteur[19]
2001 :
Le Vatican une seconde fois le 27 septembre sans spécifier l'auteur à nouveau
La France a officiellement reconnu le génocide arménien par laloi du 29 janvier 2001[20] mais sans spécifier l'auteur;
2003 :
Le Conseil national suisse a rejeté un texte dans ce sens le 13 mars 2001, avant d'adopter un postulat de reconnaissance du génocide le 16 décembre 2003 contre l'avis du Conseil fédéral[21]. Informations détaillées sur la reconnaissance par la Suisse sur le site de l'Association Suisse-Arménie[22];
2004 :
l'Argentine (31 mars) ;
les Pays-Bas (21 décembre) ;
la Slovaquie (30 novembre) ;
le Canada (21 avril) mais sans spécifier l'auteur ;
2005 :
la Pologne (19 avril 2005) ;
la Douma d'État de la Fédération de Russie a adopté le 22 avril une résolution demandant la reconnaissance du génocide par toute la communauté internationale.
le Parlement européen appelle la Turquie à reconnaître le génocide des Arméniens, considérant «cet acte comme un préalable à l'adhésion à l'Union européenne» (28 septembre 2005) ;
le Bundestag (Parlement fédéral de l'Allemagne) accepte une résolution condamnant les massacres contres les Arméniens dans l'Empire ottoman sans utiliser le mot "génocide" (15 juin 2005)
Plusieurs pays ont pourtant refusé de considérer les massacres arméniens comme un génocide. Sans remettre en cause l'atrocité ou l'ampleur des faits, ces pays ne considèrent pas qu'ils répondent à la définition d'un génocide. C'est par exemple le cas du Royaume-Uni et de l'État d'Israël, mais la plus haute autorité religieuse d'Israël, en la personne du Grand Rabbin, a reconnu le génocide arménien[23]. La question de la reconnaissance officielle du génocide est en outre très politisée. Les partisans de la reconnaissance considèrent que les pays la refusant cherchent uniquement à préserver de bonnes relations avec la Turquie. Les opposants considèrent que les pays ayant reconnu le génocide ont cédé à la pression d'influentes communautés arméniennes.


La position des historiens
L'État turc et quelques historiens minoritaires (Bernard Lewis, Pierre Nora, Gilles Veinstein, Justin Mc Carty, Andrew Mango), ont développé des études niant le génocide arménien [1]. Cependant, l'Association internationale des historiens spécialisés dans l'étude des génocides (International Association of Genocide Scholars), représentant la majorité des historiens européens et d'Amérique du Nord, a publié une lettre ouverte adressée au premier ministre turc le 13 juin 2005 afin de lui rappeler que ce n'était pas seulement la communauté arménienne, mais des centaines d'historiens, de nationalités différentes, indépendants de tout gouvernement, qui avaient étudié et établi la réalité du génocide arménien la lettre ouverte sur le site de genocidewatch.org[24].

« [traduction française...] nier la réalité factuelle et morale du génocide arménien relève non pas de l'étude historique mais d'une propagande destinée à affranchir les coupables de leurs responsabilités, en accusant les victimes, et en effaçant la signification morale de leurs crimes. »

« [extrait original...] to deny its factual and moral reality as genocide is not to engage in scholarship but in propaganda and efforts to absolve the perpetrator, blame the victims, and erase the ethical meaning of this history. »

Les plus grands historiens et spécialistes de l'Holocauste, incluant Elie Wiesel et Yehuda Bauer[25], ont écrit dans le New York Times en juin 2000, pour déclarer « incontestable la réalité du génocide arménien ». L'Institut de l'Holocauste et des génocides (situé à Jérusalem), et l'Institut pour l'étude des génocides (New York) ont établi comme un fait historique le génocide arménien.

# Enviado el miércoles 02 de agosto de 2006 07:00

Modificado el miércoles 25 de julio de 2007 13:43

le monde .. .. .. notre monde a tous

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# Enviado el miércoles 11 de octubre de 2006 11:49

Modificado el miércoles 25 de julio de 2007 13:47

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# Enviado el jueves 12 de octubre de 2006 21:56